La campagne : suite 6

Publié le 14 Avril 2017

 

Il est probable que mon hôte ait vu le plafonnier de la voiture s’allumer au moment de mon entrée, car quelques instants plus tard, le géant arrivait en trombe à l’écurie. Après un rapide tour des lieux, il s’approcha de sa Météor et m’aperçut. J’avais eu la présence d’esprit de verrouiller toutes les portes. Voilà qui le mit dans une sainte furie quand il vint pour ouvrir la portière.

 

- Dans mon char, mon ptit chris, jamais. Pas dans mon char. Ouvre la porte tout de suite.

 

J’avais enlevé mes souliers pour ne pas salir la banquette arrière, aussi je les attrapai en même temps que ma hachette.

 

- Ouvre la porte, mon ptit tabarnak. Ouvre la porte, je vais te tuer.

 

Je vous avoue que pour un petit bonhomme de onze ans, la situation prenait des allures totalement démentielles. J’étais pétrifié sur place ne sachant comment m’extirper de sa bagnole sans subir un préjudice grave.

 

- CLAVAIRE ! Hurla-t-il, j’vas aller chercher mes clés, tu vas en manger une !

 

Il se retourna pour reprendre le chemin vers la maison et c’est à ce moment que je décidai de débarrer la porte pour sortir de la voiture. Mal m’en fut. Il fit demi-tour et tenta de m’attraper. J’évitai de justesse la main qui essayait de me saisir, perdant ainsi l’équilibre. Il m’allongea une gifle juste derrière la nuque qui me scia en deux, mais ce mouvement vers l’avant me fit récupérer mon aplomb si bien que j’eus la chance de prendre la sortie vers l’extérieur. Prenant mes jambes à mon cou, je dévalai le chemin de gravier, tenant toujours mes souliers et ma hache entre mes mains.

 

Demain : suite 7 finale.

Rédigé par Robert Alair

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