L'art de la négociation

Publié le 19 Janvier 2017

Monsieur Ariboudine Amy, mieux connu sous le nom d'Ari Amy excelle dans l'art de négocier. Voici un exemple que vous retrouverez au chapitre 3.

Monsieur Amy actionna le bouton de l’ascenseur qui l’amena à l’étage supérieur du Princess Dream. Rendu au bar, il se tira un tabouret et s’assied. Il allongea le bras pour cueillir sa flûte de Dom Pérignon qu’achevait de remplir son barman. Il mouilla ses lèvres, selon son habitude, pour déguster les pétillantes bulles éclatant à la surface. Ce petit cérémonial amusait beaucoup le maître qui en savourait chaque seconde. Son cellulaire vint toutefois l’ennuyer, gâchant son plaisir. Sans regarder, il porta l’appareil à son oreille et reconnut immédiatement son interlocuteur. Ce dernier semblait contrarié.

 

- Où est notre commande ? Demanda-t-il.

- Écoutez monsieur Fayulu, nous avons livré hier à Kinshasa la commande en question.

- Je vous répète que nous ne l’avons pas reçue. Où l’avez-vous livré exactement ?

- Vous avez spécifié le camp Kokolo, non ?

- Vous avez déposé toute la marchandise là ?

- C’était votre désir.

- Quand ?

- Hier, mon cher monsieur.

- Ha !... Lança le Congolais découragé. Nous avons été évincés tôt en matinée et vous avez donné nos armes à nos ennemis.

- Ça, c’est votre problème.

- Mais, il nous faut des armes.

- Alors, commandez-en de nouveau.

- Mais nous avons déjà payé…

- Et nous avons livré.

- Qu’allons-nous faire ?

- Vous allez nous envoyer votre paiement sécurisé et nous allons reprendre la livraison là où vous l’exigerez.

- Mais, c’est un autre cinq millions que vous demandez.

- Exactement ! Et payez d’avance comme toujours.

- Bon ! Répondit l’interlocuteur de monsieur Amy. Je fais suivre.

 

Lisez la suite pour comprendre le type de négociation que le caïd opère réellement.

Monsieur Amy raccrocha le sourire en coin. En constante communication avec ses hommes, il était parfaitement au courant que monsieur Fayulu avait fui le camp Kokolo et que des opposants à son régime l’avaient doublé en investissant son entrepôt. Le colonel Mbombu chapeautait le comité contre-révolutionnaire et il acquiesça à l’offre d’Ari de lui livrer de l’armement flambant neuf pour aider sa cause, moyennant un paiement de cinq millions. Le Groupe AA n’allait pas revenir avec la marchandise sans essayer de profiter de la situation.

 

Le Congolais confirma la nouvelle livraison par carte débit et Ariboudine engrangea 15 millions pour les trois ventes pour une dépense nette de 750 000 $.

Rédigé par Robert Alair

Publié dans #Le Princess Dream

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